24.08.2005
Être homosexuel en Arabie Saoudite
Assez méconnu pour la rigidité de ses frontières, l'Arabie Saoudite est le temple de l'Islam. Terre sainte des centaines de milliers de pèlerins musulmans qui convergent chaque année vers elle, l'Arabie Saoudite est le berceau de La Mecque, l'un des plus grands lieux de pèlerinage au monde…
En effet, le haj, pèlerinage à la ville sainte de La Mecque, située en Arabie Saoudite, est une obligation à réaliser pour tout musulman au moins une fois dans sa vie, à condition qu'il satisfasse un certain nombre d'exigences.
PRESENTATION D'UN PAYS SOUS LOI CORANIQUE : LE ROYAUME D’ARABIE SAOUDITE (OU KSA)
Présentation Géographique et Démographique
Le royaume d'Arabie saoudite (autrefois plus communément nommé séoudite) est le principal pays de la péninsule arabique, au Moyen-Orient.
Il est limitrophe de l'Irak, de la Jordanie, du Koweït, d'Oman, du Qatar, des Émirats arabes unis et du Yémen, et est bordé par la mer Rouge et le Golfe Persique.
Quatorzième plus grand état du monde, avec ses 1 960 582 km² de superficie, l'Arabie Saoudite est un pays désertique dans sa plus grande majorité, l'eau y est rare…
Et avec ses 23 513 330 habitants l'Arabie Saoudite présente une population peu dense (12 hab. / km² contre 93,59 en France!) ce qui en fait le 45ème pays le plus peuplé au monde. Pour schématiser, disons que pour une superficie d'environ trois fois celle de la France, l'Arabie Saoudite compte une population trois fois moins nombreuse que la population française... La population, jeune, est plus masculine que féminine (1,21 homme / femme) et l’âge moyen de la population est de : 21 ans soit presque 23 chez les hommes et 19 chez les femmes
Historique
L'État Saoudien trouve sa source aux alentours de 1750. Un chef local, celui des Al-Saoud, Mohammed ibn Saoud, allie la famille à un réformateur religieux, Mohammed ibn Abdel Wahhab, liant le pouvoir temporel saoudite au puritanisme religieux. La croyance religieuse qui en résulte est parfois appelée unitarisme et souvent, de manière inadéquate, wahhabisme. Depuis leur capitale à al-Diriyah près de Riyad, les deux leaders parviennent à étendre leur contrôle à presque toute la péninsule aux alentours de l'an 1800.
La famille des Saoud et le royaume connaîtront une fluctuation au niveau des accords et désaccords avec l'Egypte, l'empire Ottoman et d'autres familles arabes pour le contrôle de la péninsule. En effet, les Égyptiens capturent la capitale saoudite d'al-Diriyah en 1818, détruisent ses forts et interrompent la domination des Al-Saoud sur la région ; ils ne parviennent cependant pas à éradiquer les racines religieuses et nationales de leur pouvoir.
L'Arabie saoudite moderne est fondée par le roi Abdul Aziz Al-Saoud (connu internationalement comme Abdul Aziz Ibn Saoud), qui, en 1902, capture Riyad, la capitale ancestrale de la dynastie des Al-Saoud, alors occupée par la famille rivale Al-Rashid.
En 1932, l'Arabie conquise par Abdel Aziz ibn Saoud prend officiellement le non d'Arabie saoudite. Le royaume d'Arabie saoudite est créé, deux ans plus tard avec la charia comme loi fondamentale. Le premier roi, Abdel Aziz ibn Saoud, est intronisé par les oulémas.
La découverte de pétrole près de Dammam, dans le nord-est du pays en mars 1938 transforme le pays sur le plan économique. La famille Saoud va désormais pouvoir appuyer sur trois piliers : le wahhabisme, la rente pétrolière et l'alliance avec les États-Unis.
Avec la chute du chah d'Iran, en 1979, l'Arabie saoudite, n'est plus seulement un fournisseur de pétrole pour les États-Unis, mais aussi l'allié stratégique dans la région face à la montée du chiisme iranien.
Depuis, 1982, le pays est dirigé par Fahd ben Abd al-Aziz Al Saoud, né en 1921, sous le nom de Fahd Ier.
La première guerre du golfe permit aux États-Unis de disposer désormais d'une base aérienne permanente près de Dhahran et de facilités à Taif et à Riyad.
Mais la révolte gronde face à un pouvoir oppressant et en 1992, 400 intellectuels islamistes écrivent au roi pour demander des réformes en dénonçant la gabegie, l'iniquité de la justice et les liens trop forts avec l'Occident.
Puis en 1994, on assiste à l'intifada de Burayda, plusieurs Imams qui avaient critiqué la famille royale dans leurs sermons sont jetés en prison ; la foule envahit les locaux pour les libérer. Il y a des dizaines de morts.
Depuis 1995 le roi Fahd Ier est très diminué suite à une embolie cérébrale, et c'est son demi-frère Abdallah ben Abdel Aziz Ibn Saoud, (né en 1923), prince héritier du trône, vice-Premier ministre, commandant de la Garde nationale, qui gouverne à sa place.
Les liens avec les Etats-Unis se sont distendus sous la pression,puisque le roi Fahd a refusé que l'Arabie saoudite serve de plateforme de décollage à l'armée américaine pour des missions de bombardement sur l'Afghanistan.
A ce jour, le pays renferme encore un quart des ressources pétrolières de la planète et a fourni aux États-Unis 16 % de leurs besoins en pétrole.
Politique
L'Arabie saoudite est une monarchie absolue contrôlée par la famille Saoud. Le 10 février 2005 ont été organisées les premières élections démocratiques partielles dans ce pays : il s'agissait d'élire 50% des conseillers municipaux de Riyad et de sa province, les autres restant désignés par le pouvoir.
Mais les femmes sont exclues du corps électoral. Les élections ont lieu dans le contexte troublé de la guérilla et des élections générales en Irak. Pour la première fois, les principes démocratiques ont été respectés : une campagne électorale de douze jours utilisant la presse écrite, plus de 1 800 candidats...
Légale
Les bases fondamentales
Le Coran sert de constitution dans ce royaume wahhabite qui applique strictement la charia (loi islamique).
Le wahhabisme est une forme rigoriste de l'Islam sunnite fondée par Mohamed ibn Abd al-Wahhab (1703 - 1792) ; elle est dérivée du hanbalisme. Il s'agit de la principale forme de fondamentalisme musulman dans le monde contemporain.
Le texte fondateur de cette forme de l'Islam est le Kitab at-tawhid (en arabe, le Livre du monothéisme). Bien que ses membres se nomment eux-mêmes muwahhidun (monothéistes - unitariens), ils sont souvent appelés les wahhabites.
Le wahhabisme, spécialement dans sa version salafiste, affirme purifier l'Islam de ce que ses membres considèrent comme des innovations, appelées bida', des déviances, des hérésies ou des idolâtries. D'après ses vues, en suivant sa théologie et sa pratique, un musulman doit retourner à la forme originelle de la foi islamique qu'Allah avait révélée et destinée à être suivie par l'humanité entière. Il se considère donc comme une orthodoxie et par là même destiné à éradiquer toute autre forme d'Islam.
Le wahhabisme interdit notamment le culte des saints, l'édification de monuments funéraires fastueux ou de mosquées luxueuses. Certains de ses adeptes luttent contre l'usage des pierres tombales et la visite des défunts au cimetière qu'ils considèrent comme idolâtre, ainsi que l'érection de minaret (voir mosquée), car ils étaient inconnus du temps de Mahomet.
Fumer est aussi interdit car il s'agit d'une offense religieuse. Dans sa version salafiste, il interdit aussi d'écouter ou de faire de la musique et la conduite est interdite aussi aux femmes.
Les sanctions
Les sanctions légales ont été conservée depuis l'origine du royaume : allant de la flagellation à la décapitation ou lapidation en passant par l'emprisonnement dans des conditions drastiques et l'amputation de la main...
- le meurtre
Le principe général en matière de meurtre est l'application de la loi judaïque de la Bible (Exode, XXI, 23, 24, 25) du talion (vengeance privée limitée - oeil pour oeil, dent pour dent, pied pour pied) (II, 173 ; XVII, 35) mais il est conseillé de pardonner contre paiement du prix du sang (dîyah) (II, 173).
Par contre, et en principe, le Christianisme recommande le pardon des offenses et l'amour non seulement du prochain mais aussi des ennemis - Matthieu, V, 38, 39 et sv…
- le vol
Le vol est sanctionné par l'amputation de la main du voleur (V, 42),
- la sexualité
La fornication (relations sexuelles entre personnes non-mariées) est sanctionnée par la flagellation (100 coups de fouet) (XXIV, 2), ainsi d'ailleurs que la dénonciation calomnieuse (80 coups de fouets) (XXIV, 4), l'homosexualité est fermement condamnée sans peine explicite (VII, 78, 79 ; XXVII, 54, 55) mais sanctionnée de la peine de mort par extension de la sanction frappant le crime d'adultère.
- l'alcool & l'argent
Le vin (par extension pour les wahhabites toutes les boissons alcoolisées) (dans la Bible, Juges, XIII, 4, 14) et les jeux de hasard (ordure, oeuvre du Diable, V. 92, 93) sont interdits ainsi que l'usure (II, 276).
La peine capitale
En 2001, au moins 81 exécutions par décapitation avaient été annoncées pour des personnes reconnues coupables de meurtre, de viol, d'apostasie (abandon de la religion islamique) et de vol à main armée, ainsi notamment que les trafiquants de drogue et les toxicomanes récidivistes.
L'HOMOSEXUALITE DANS LES PAYS ARABO MUSULMANS
Parler d'homosexualité dans la société arabo-musulmane revient à soulever le problème de la sexualité dans les pays où la société patriarcale et les valeurs islamiques ont imposé pendant des générations un silence pesant sur les relations humaines. La peur du jugement sociétal amène à l'autocensure sur la question de la sexualité et entretient un climat de peur, de culpabilité, de honte, de frustration et d'insatisfaction. Il s'ensuit un malaise et une tension, parfois violente, entre les genres au sein de ces sociétés qui souvent empêchent toute analyse exhaustive ou représentative sur ce thème et contraignent ainsi l'observateur des moeurs arabo-musulmanes à une grande prudence.
Parler d'homosexualité dans la société arabo-musulmane revient à soulever le problème de la sexualité dans les pays où la société patriarcale et les valeurs islamiques ont imposé pendant des générations un silence pesant sur les relations humaines. La peur du jugement sociétal amène à l'autocensure sur la question de la sexualité et entretient un climat de peur, de culpabilité, de honte, de frustration et d'insatisfaction. Il s'ensuit un malaise et une tension, parfois violente, entre les genres au sein de ces sociétés qui souvent empêchent toute analyse exhaustive ou représentative sur ce thème et contraignent ainsi l'observateur des moeurs arabo-musulmanes à une grande prudence.La notion de sexualité
La sexualité demeure un problème dans les sociétés traditionnelles étant donné la distinction entre le plaisir charnel reconnu par l'Islam et l'interdiction de relations sexuelles en dehors du mariage ("fornication").
Le plaisir sexuel, la volupté charnelle, généralement occultés par la religion chrétienne, sont par contre, aux yeux de l'Islam, des dons et capacités auxquels il convient de s'abandonner, de se vouer corps et âme ; mais uniquement dans le cadre d'une relation entre époux et épouse. En même temps, cet acte revêt une dimension religieuse : l'union homme-femme symbolise l'harmonie de l'ordre divin. Ainsi, l'Islam reconnaît le mariage comme la seule forme légale et admise de contrat sexuel ou de cohabitation. Toutes les autres formes de "négociations affectives", amoureuses ou sexuelles sont impossibles ou interdites. L'Islam condamne l'union libre, rejette toute fantaisie dans l'acte sexuel, refuse l'union passagère (excepté dans le chiisme iranien) et réprime la prostitution. De la même manière, le célibat ou la chasteté, qui troublent la forme familiale traditionnelle, sont diabolisés.
La notion d'homosexualité à travers les textes
Bien que l'homosexualité masculine et féminine soit très répandue dans le monde arabo-musulman, cette question demeure un tabou en raison des approches différentes (nationales, traditionnelles, islamistes et pragmatiques) des relations sexuelles.
L'Islam ignore dans ses textes sacrés, qu'il s'agisse du Coran ou des Hadiths (paroles et gestes du Prophète), le terme "homosexuel". Le thème est principalement abordé via l'histoire de Loth et de sa famille qui vivaient à Sodome, une ville où les hommes "approchent de préférence des hommes aux femmes" pour "assouvir leur passion". Le terme "passion" correspondrait à la sodomie ("abomination que personne n'a faite avant vous") qui trouve son origine dans le nom de la cité et les usages de ses habitants.
Ainsi corrompue par des moeurs sexuelles particulières, Dieu envoya dans la ville deux anges pour évaluer les vices et dérives qui s'y déroulaient. Loth et sa famille accueillirent les deux messagers divins et les protégèrent des hommes de Sodome qui voulaient les violer. Courroucés, les envoyés du ciel détruisirent la ville et tous ses habitants à l'exception de Loth qui avait fait preuve d'hospitalité.
Quant à la raison de la destruction de Sodome, les avis divergent. Certains y voient la sanction des comportements sexuels déviants, d'autres la punition du manque d'hospitalité à l'égard des envoyés de Dieu ; l'hospitalité étant un principe fondamental de l'Islam.
Dans tous les cas, ce texte a manifestement pour objet la conservation de l'ordre. Il s'agit de préserver la structure familiale conventionnelle, de reconduire et de perpétuer l'ordre ancien, condamner toutes les autres activités transgressives.
L'Islam rejette également l'homosexualité car, à ses yeux, celle-ci renferme les germes de la confusion des genres (le garçon homosexuel a une attitude féminine tandis que la fille lesbienne se comporte en garçonne) et met donc en danger l'intégrité des principes masculins et féminins dont l'union garantit l'harmonie universelle.
La perception de l'homosexualité dans le temps
L’homosexualité est un des interdits majeurs dès les VIIIème et IXème siècles. A Bagdad, au XIème siècle, la culture homosexuelle est très nette. Il existe alors un culte du mignon dans les élites. Celles-ci peuvent facilement se protéger du clergé et des sanctions judiciaires. Aux Xème et XIIème siècles, on voit fleurir une culture pédérastique s’inspirant de celle de la Grèce antique et l’émergence d’une littérature sur le sujet. Des poèmes comparent les vertus des éphèbes et des courtisanes. Après, on assiste, sur le plan général, à une dégradation de l’Islam, à une crispation des juristes théologiens vers un droit plus strict, plus réactionnaire. Ce mouvement, qui se poursuit aujourd’hui, prétend revenir à une pureté originelle qui n’a jamais existé. Il conduit l’Islam à avoir une vision de lui-même intolérante envers les homosexuels comme envers les étrangers. Certains ont même voulu faire croire que l'homosexualité était un mal venu d’ailleurs. Le mal, c’est toujours l’autre qui l’apporte. L’Occident s’est libéré de son complexe par rapport aux homosexuels. L’Occident s’affranchit de ses tabous. Le monde arabe subit l’impact des images venues d’ailleurs, l’impact des innovations faites ailleurs, l’influence économique étrangère. Il subit l’influence de l’Occident qui se conçoit aussi comme exportateur de morale. Il ne lui reste plus qu’un pré carré à défendre : celui de la morale.
La perception contemporaine de l'homosexualité
La définition du concept d'homosexualité au sein des sociétés arabo-musulmanes est, pour nous Européens, extrêmement difficile à cerner.
Du fait que filles et garçons grandissent dans des univers séparés, mais aussi de l'interdiction des relations sexuelles avant le mariage ; de nombreux jeunes gens n'ont d'autres recours, et ce dès un âge parfois précoce, que de s'adonner à des pratiques sexuelles entre eux. Ces rapports purement physiques, tenus cachés, clandestins, sont tolérés et perçus comme les étapes normales de la découverte et de l'éveil à la sexualité, voire comme des exutoires pour ceux que leur trop-plein de vitalité encombre en attendant de pouvoir s'unir avec une femme. Toutefois, si ces pratiques s'accompagnent de sentiments, d'attitudes passives répétées et surtout perdurent dans le temps, la personne sera alors reconnue comme un "homosexuel complet".
Le poids de la société et de la tradition
Le "véritable homosexuel" reste le sujet de toutes sortes de moqueries et de railleries au sein de sa famille, de son village, de son quartier et de son milieu professionnel quand il a la chance de travailler. Pour survivre et faire face à cette énorme pression que représentent les principes de la société et le regard des autres, l'homosexuel n'a souvent d'autre choix que de se marier, marchant à contre-courant de sa nature. Nombreux sont les témoignages de maghrébins qui se sont exprimés à ce sujet ; parlant tour à tour de suicide psychologique, de rejet de soi-même, de dégoût et de culpabilité. Certains homosexuels sont cependant parvenus à s'imposer et à se faire respecter, soit grâce à leurs moyens et leur notoriété, soit en donnant d’eux-mêmes une image ultra-machiste. Nous avons également pris connaissance de quelques témoignages où des gays ont été tolérés en adoptant une attitude extrêmement efféminée, dégradante, irresponsable, immature... rien qui ne puisse ternir le principe puissant et viril de l'homme : les fondements sont saufs! En conclusion, l'homosexuel complet est plutôt rare et reste perçu comme un danger pour l'ordre social et moral : l'homosexualité exclusive conduit à une marginalisation sévère par le patriarcat et le pouvoir économique.
Les dispositions légales
Sur le plan purement juridique, contrairement à l'image occidentale que nous avons du monde arabo-musulman, les comportements déviants, dont l'homosexualité, ne sont pas sanctionnés d'office par la Charria ou la Loi islamique, mais généralement par des textes légaux. Il est vrai que le Coran et la Charria punissent sévèrement l'acte homosexuel, comprenez ici encore la sodomie, en le considérant comme "crime abominable".
En matière légale, les pays maghrébins ont adopté généralement des sanctions "modernes" à l'égard de l'homosexualité : les gays ne sont plus tranchés en deux, précipités du haut d'une montagne ou jetés dans un feu. Cependant, bien que ces mesures "modernes" soient prévues, leur application diffère en fonction des pays et peut être plus ou moins sévères suivant le développement social et politique de l'Etat concerné. C'est pourquoi, un Etat influencé par une montée de l'islamisme (ex. Egypte ou Algérie) appliquera plus sérieusement ces mesures qu'un Etat plus pragmatique (ex. Tunisie, Maroc).
En Algérie, l'homosexualité est ancrée dans la tradition et remonte bien avant le temps du colonialisme. Pourtant, au-delà des dispositions légales qui prévoient des mesures répressives à l'égard des comportements jugés illégaux, c'est la société traditionnelle avec ses valeurs islamiques, parfois très conservatrices, qui imposent le cadre des valeurs sexuelles. Un homosexuel sera ainsi marginalisé en Algérie, voire soumis à des discriminations de la part des autorités locales (ex. policiers) ou encore exposés à des attaques de la part des groupes islamistes dans les quartiers des villes et villages imprégnés des valeurs conservatrices.
En Egypte, l'homosexualité existe, mais occupe une place marginale. Personne ne connaît l'ampleur du phénomène avec exactitude. Selon une étude sur le VIH au Caire en 1998, l'orientation sexuelle des gay n'est pas connue de leurs proches dans 90% des cas.
En Libye, contrairement aux autres pays du Maghreb, la société est très puritaine dans ses moeurs. En particulier, le thème de l'homosexualité est tabou et donc soumis à la loi du silence, y compris au sein des familles. Face aux comportements déviants, la société libyenne répond par l'hostilité, voire la répression. Bien qu'il n'y ait pas eu ces dernières années de condamnation connue pour homosexualité, les personnes tombant dans cette catégorie sont sujettes socialement à la disgrâce.
Au Maroc, bien que soumise à un interdit strict, l'homosexualité est toutefois largement répandue et tolérée dans la société.
En Tunisie, située à mi-chemin entre application libérale et répressive des dispositions légales à l'égard des homosexuels, la société tunisienne tolère l'acte homosexuel, pour autant qu'il demeure secret. Dans les milieux ruraux, la révélation d'un tel comportement peut toutefois conduire à la honte, au rejet, voire à des drames humains lorsque la famille se sent déshonorée.
En Malaisie, la peine maximale est 20 ans d’emprisonnement.
Dans les Emirats Arabe Unis, la peine est de 14 ans d’emprisonnement.
Au Bahreïn, une peine peut aller jusqu’à 10 ans au, assortie ou non de châtiments corporels.
Au Bangladesh : 5 à 7 ans.
Au Liban, les tribunaux continuent de juger des homosexuels en vertu de l’article 534 du code pénal de 1943 qui condamne "tout contact physique et union contre-nature" à des peines jusqu’à un an d’emprisonnement.
En Irak, la législation est encore plus stricte, des peines de prisons peuvent être prononcées.
Le Pakistan punit de deux ans d’emprisonnement plus des coups de fouet.
L'HOMOSEXUALITE AU ROYAUME D'ARABIE SAOUDITE
L'Arabie Saoudite a une loi sur la sodomie : des actes homosexuels sont sujets à une pénalité allant jusqu'à la peine de mort.
Toutefois, il est à noter que la sodomie doit être prouvée par plusieurs éléments :
- Les aveux du coupable réitérés à 4 reprises
- le témoignage de quatre hommes musulmans dignes de confiance
S'il y a moins de quatre témoins ou si l'un d'entre eux n'est pas digne de confiance, ils sont tous passibles de 80 coups de fouet pour calomnie…
On sait peu de choses de l'homosexualité en Arabie-Saoudite, peu d'informations sont diffusées sur ce sujet très tabou dans un pays ultraconservateur. Même si de nombreux témoignages attestent qu'il y a une vie gaie en Arabie-Saoudite, les occasions d'en entendre parler en occident sont rares.
Quelques faits divers de répression médiatisés
Décapitation en 2002 pour homosexualité :
1er janvier 2002 : Trois Saoudiens reconnus coupables d'homosexualité sont décapités au sabre dans le sud de l'Arabie Saoudite. Ali ben Hatan ben Saad, Mohamed ben Suleiman ben Mohamed et Mohamed ben Khalil ben Abdallah ont été condamnés à mort pour «sodomie, mariage entre eux et incitation à la pédophilie», a indiqué le ministère de l'Intérieur saoudien, ajoutant qu'il s'agissait de récidivistes. Dans son communiqué, le ministère réaffirme sa détermination à "lutter contre la corruption [morale] et arrêter les corrompus".
« Le régime saoudien, l'un des principaux alliés de l'Amérique dans la région, est aussi fanatique que l'était celui du mollah Omar à Kaboul. Ce n'est pas un hasard si l'Arabie saoudite fut l'un des trois seuls pays à reconnaître l'Afghanistan des talibans et à le soutenir activement jusqu'aux attentats du 11 septembre. Riyad y défendait sa version de l'islam. C'est, sous le clinquant de modernité procuré par la rente pétrolière, celle d'un fondamentalisme obscurantiste. Il est presque aussi rétrograde que son pendant taliban, et beaucoup plus intolérant que ce qui se pratique dans l'Iran des ayatollahs ». [Tiré du Monde 01.01.02]
Décapitation en 2005 pour meurtre :
Deux Saoudiens reconnus coupables du meurtre d'un Pakistanais qui avait apparemment découvert leur homosexualité, ont été décapités au sabre. Ahmad ben Shnain al-Anzi et Chaher ben Wiqaf al-Ruwaili ont renversé Malekzadah Khan avec leur voiture, puis l'ont frappé avec une pierre, avant de l'asperger de kérosène et de le brûler vif. Apparemment, les deux meurtriers ont tué leur victime de crainte d'être dénoncés après que ce dernier les eut aperçus dans une relation homosexuelle. Les deux hommes avaient cru ainsi échapper une sentence cruelle.
Arrestations en 2005 pour homosexualité :
Fin mars 2005, selon des informations émanant d’un site d’information en ligne saoudien, 110 hommes sont arrêtés lors d’une descente de police au cours de ce que la presse nomme un « mariage gay » en Arabie saoudite. Selon les informations du ministre de l’Intérieur, ces hommes, tous saoudiens, participaient à une fête dansante et se « comportaient comme des femmes ».
Si quatre-vingt semblent avoir été relâchés par les policiers, trente autres auraient été mis en garde à vue afin de comparaître devant un tribunal de Djeddah.
Un article du Washington Times, publié le 21 mars, cite un ami - anonyme - de quatre des interpellés, selon lequel les hommes célébraient un anniversaire, et non un mariage: «Ils ne buvaient pas d'alcool, ne prenaient pas de drogues, souligne-t-il. Ils ne faisaient que danser et s'amuser.»
Fin mars 2005, selon des informations émanant d’un site d’information en ligne saoudien, 110 hommes sont arrêtés lors d’une descente de police au cours de ce que la presse nomme un en Arabie saoudite. Selon les informations du ministre de l’Intérieur, ces hommes, tous saoudiens, participaient à une fête dansante et se Si quatre-vingt semblent avoir été relâchés par les policiers, trente autres auraient été mis en garde à vue afin de comparaître devant un tribunal de Djeddah.Un article du Washington Times, publié le 21 mars, cite un ami - anonyme - de quatre des interpellés, selon lequel les hommes célébraient un anniversaire, et non un mariage: « souligne-t-il. »
LA CENSURE SUR LES SITES WEB GAYS
Gaymiddleeast.com, site d'informations destiné à la communauté homosexuelle du Moyen-Orient, a été rendu inaccessible, début mars 2004, par les autorités saoudiennes. Il avait déjà été bloqué en juin 2003, pour un mois. Ce site publie des informations à destination de la communauté homosexuelle de quinze pays (Bahreïn, Egypte, Iran, Irak, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Palestine, Qatar, Arabie saoudite, Syrie, Emirats arabes unis, Yémen), notamment sur les persécutions subies. Il ne diffuse aucune information à caractère pornographique. Le site américain 365gay.com, auquel Gaymiddleeast.com est affilié, a également été bloqué.
L'OpenNet Initiative, un réseau universitaire travaillant sur la censure du Net, a réalisé une étude sur les sites gays en Arabie saoudite. L'organisation a indiqué avoir effectué une recherche sur le mot « gay » dans Google SafeSearch (qui exclut les sites pornographiques) et sélectionné les 902 premiers résultats. Sur ces 902 sites, 170 sont bloqués par l'Internet Services Unit (ISU), dont : L'International Gay and Lesbian Human Rights Commission : www.iglhrc.org ; la Gay and Lesbian Arab Society : www.glas.org ; le site d'informations : www.gay.com
En réponse à une lettre de Reporters sans frontières qui demandait la levée de l'interdiction de Gaymiddleeast.com, Eyas Al-Hajery, directeur de l'ISU, a écrit à l'organisation, le 29 mars : « Après réception de votre lettre, un réexamen de ces sites a été effectué. Aucun contenu pornographique n'y ayant été trouvé, le blocage a été levé. »
Les deux sites 365gay.com et Gaymiddleeast.com sont effectivement à nouveau consultables librement dans le pays.
Quelques jours avant la levée de l'interdit, RSF avait créé une parodie de cérémonie de remise des prix du Festival de Cannes, lors de laquelle le groupe avait décerné à l'Arabie saoudite un « Premier Prix de la Censure » pour la censure de l'Internet. En effet, le gouvernement a instauré l'un des systèmes de filtrage de l'Internet les plus imposants du monde, qui bloque l'accès à plus de 400 000 pages web, déclare RSF.
L'Arabie saoudite bloque essentiellement des sites à caractères sexuels, religieux - hormis les sites touchant à l'islam approuvés par le Royaume - et politiques. Outre l'homosexualité, les droits de la femme sont des thématiques totalement absentes du Web saoudien. Mais il est à noter que des sites musicaux (www.rollingstone.com), humoristiques (www.poopreport.com), des logiciels de traduction en ligne (www.systransoft.com), ainsi que les anonymizers les plus connus www.anonymizer.com, www.megaproxy.com), figurent sur la liste noire de l'ISU.
Le 5 août 2003, le gouvernement saoudien a fermé le site jordanien du Centre d'information sur la violence contre la femme (www.amanjordan.org), suite à la publication d'articles sur la violence subie par la femme dans la société saoudienne. Le blocage du site a été levé le 30 septembre 2003.
Une ouverture au monde qui profite aux gays…
Alors que Reporters Sans Frontière dénonçait la censure et la discrimination dont font l'objet les gays d'Arabie Saoudite, le quotidien anglais The Independant publie un article plus modéré et tout en nuance dans un article intitulé « Djeddah, nouveau paradis gay? »[1] où l'auteur, John R. Bradley, fournit suffisamment d'arguments pour nuancer le point de vue sans doute un peu trop radical de l'association internationale de journalistes.
Cette contribution souligne combien le concept d'homosexualité dans la société arabo-musulmane diffère du nôtre et combien cette question doit être approchée de façon prudente, tout en faisant preuve d'un énorme relativisme culturel.
Sans pour autant remettre en question certains faits et abus commis en Arabie, les homosexuels ne sont sans doute pas systématiquement fustigés par les autorités. C'est sans doute la rare et inadmissible violence avec laquelle plusieurs actions ont été menées qui induit l'idée d'une condamnation radicale.
Il semblerait donc que si l'homosexualité est officiellement réprimée dans le royaume wahabite, dans les faits, elle est tolérée, d'autant que le régime cherche à se donner une autre image depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Dans les centres commerciaux de verre et de marbre de Djeddah, une ville saoudienne cosmopolite et relativement décontractée en bordure de la mer Rouge, les jeunes Saoudiens profitent de l'apparition d'établissements gays de mieux en mieux tolérés. Certains centres sont réputés pour être des lieux de drague et on y trouve même des cafés gays. Au nord de la ville, une villa privée fait office de discothèque gay une fois par semaine. Les jeunes clients - dont beaucoup sont rentrés des Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 - disent se rencontrer par le biais d'Internet.
C'est là tout le paradoxe de l'Arabie Saoudite : alors que la sodomie est passible d'exécution, dans la pratique, l'homosexualité est tolérée. « Je ne me sens pas du tout opprimé », raconte au journaliste un jeune homme de 23 ans qui se trouve dans l'un de ces cafés en compagnie d'amis saoudiens ouvertement gays, habillés à l'occidentale et parlant couramment l'anglais. « J'ai entendu dire qu'après le 11 septembre, un étudiant saoudien qui allait être expulsé pour des raisons de visa a demandé l'asile politique en invoquant son homosexualité », poursuit-il, déclenchant le rire de ses amis. « Pourquoi a-t-il agi ainsi ? Ici, nous avons plus de liberté que les couples hétéros. Contrairement à nous, ils ne peuvent pas s'embrasser en public, ni marcher dans la rue en se tenant la main ».
Les propositions de réformes saoudiennes, alliées à la volonté du royaume de se défaire de sa réputation de régime encourageant l'extrémisme et l'intolérance, ont peut-être bénéficié à la communauté gay de cette société profondément islamique. Peu après les attentats du 11 septembre, dont les auteurs étaient pour la plupart des ressortissants saoudiens, un diplomate de Riyad en poste à Washington a démenti les allégations selon lesquelles les homosexuels étaient décapités dans le royaume, tout en admettant ouvertement qu'en Arabie Saoudite la sodomie était pratiquée « quotidiennement » par des hommes consentants. Même le chef de la police religieuse a reconnu ultérieurement l'existence d'une communauté gay dans le pays.
Le traitement réservé aux homosexuels a attiré l'attention internationale en janvier 2002, quand un rapport du ministère de l'Intérieur révéla que trois hommes de la ville d'Abha, dans le sud du pays, avaient été « décapités en raison de leur homosexualité ». Le rapport provoqua un tollé en Occident et a été dénoncé par les associations gay et les mouvements de défense des droits de l'Homme. Tariq Allegany, porte-parole de l'ambassade d'Arabie Saoudite à Washington, a aussitôt démenti cette version des faits en déclarant que les individus en question avaient été décapités pour des actes de pédophilie. « Je pense que la sodomie est pratiquée quotidiennement en Arabie Saoudite, mais elle n'est pas toujours punie par des exécutions ».
Un diplomate occidental en poste à Riyad, informé des détails de l'affaire, a confirmé que les trois hommes avaient été décapités pour viol. « Ils ont séduit de très jeunes garçons, puis se sont filmés en train de les violer. Ensuite, ils les ont menacés de montrer les cassettes pour les forcer à leur présenter des amis », a-t-il indiqué.
Si l'homosexualité est illégale en Arabie Saoudite, il n'est pas toujours vrai qu'elle soit sanctionnée. Bien que des étrangers homosexuels aient été expulsés dans les années 90, « aucun Saoudien n'a jamais été poursuivi pour son homosexualité. En fait, cette notion n'existe pas », souligne le diplomate occidental.
Depuis le tumulte suscité par l'affaire des décapitations, l'unité des services Internet du royaume, chargée de bloquer les sites jugés anti-islamiques ou politiquement dangereux, a laissé les surfeurs saoudiens accéder à la page d'accueil du site GayMiddleEast.com, après avoir été bombardée de courriels de protestation en provenance des Etats-Unis. Selon A. S. Getenio, directeur du site, l'Arabie Saoudite craignait sans doute la mauvaise publicité que lui aurait value le blocage de l'accès à son site « à une époque où elle menait une campagne publicitaire de plusieurs millions de dollars aux Etats-Unis pour améliorer son image ».
Ibrahim ibn-Abdullah ibn-Ghaith, chef de la police religieuse (le Comité pour la prévention du vice et la promotion de la vertu), a reconnu, dans des termes exceptionnellement mesurés, qu'il y avait des homosexuels en Arabie Saoudite, tout en soulignant la nécessité d' « instruire les jeunes » sur ce « vice ». Dans un dossier sans précédent de deux pages, le quotidien Okaz révélait que l'homosexualité était « endémique » chez les lycéennes. Il justifiait la parution de l'article par une phrase de l'épouse de Mahomet selon laquelle « il ne devrait pas y avoir de timidité en religion ».
Le journal évoquait les relations homosexuelles dans les toilettes des établissements scolaires, les brimades subies par les adolescentes qui refusaient les avances de leurs camarades et le désarroi des professeurs devant le refus des élèves de changer de comportement.
M. Ghaith a rejeté l'idée d'envoyer ses agents enquêter sur place. Armés de bâtons, ceux-ci traquent systématiquement les hommes et les femmes qui se montrent ensemble en public et qu'ils soupçonnent de ne pas avoir de liens de parenté. « Cette perversion est présente dans tous les pays », a-t-il expliqué au journal. « Ici, ils [les homosexuels] sont peu nombreux.» Sa version est réfutée par les professeurs et les élèves qui soutiennent que, en l'absence d'autres exutoires, une culture gay s'est fatalement développée chez les jeunes
Ahmed, 19 ans, étudiant dans une université privée de Djeddah, affirme que le fait d'avoir un petit ami au lycée ne l'a jamais gêné. Même s'il rejette catégoriquement l'étiquette de gay, il admet avoir aussi un « ami très cher » à la faculté. « Ce sont ceux qui n'ont pas d'ami qui sont gênés de l'avouer. Lorsqu'on présente son ami aux copains, on emploie la formule 'al walad hagi' [le garçon qui m'appartient]. Au début du trimestre, on passe en revue tous les nouveaux pour repérer les plus helou [mignons] et on cherche le moyen de faire leur connaissance. »
véro! & milène
15:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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